Rénover une salle de bain coûte entre 1 000 et 12 500 euros pour une pièce de 5 m², selon le niveau de prestation. Le budget dépend de trois variables : l’ampleur des travaux (simple rafraîchissement ou refonte totale), le choix des matériaux et le recours ou non à un professionnel. Cinq étapes structurent le chantier, de la conception à la pose des finitions.
Estimer son budget au m²
Le coût varie du simple au décuple entre un rafraîchissement peinture et une rénovation haut de gamme. Voici les fourchettes constatées en 2026 pour une salle de bain de 5 m².
Budget moyen par type de rénovation
| Type de rénovation | Prix au m² | Budget pour 5 m² |
|---|---|---|
| Rafraîchissement (peinture, accessoires) | 200 à 400 € | 1 000 à 2 000 € |
| Rénovation partielle (sanitaires neufs) | 500 à 800 € | 2 500 à 4 000 € |
| Rénovation complète | 800 à 1 500 € | 4 000 à 7 500 € |
| Haut de gamme (matériaux nobles) | 1 500 à 2 500 € | 7 500 à 12 500 € |
Répartition par poste de dépense
La plomberie absorbe 20 à 30 % du budget total. Le carrelage et les revêtements représentent 25 à 35 %. Les sanitaires (douche, baignoire, lavabo, WC) pèsent 20 à 30 %. L’électricité et la ventilation comptent pour 10 à 15 %. Prévoyez toujours une marge de 10 à 15 % pour les imprévus : un mur humide à traiter ou un réseau de plomberie vétuste gonfle la facture rapidement.
Choisir les bons matériaux
Le revêtement conditionne le rendu visuel, la durée de vie et le budget final. Voici un comparatif des options courantes pour sols et murs.
Comparatif des revêtements
| Matériau | Prix fourniture/m² | Durabilité | Entretien |
|---|---|---|---|
| Carrelage grès cérame | 20 à 60 € | Excellente | Facile |
| Faïence murale | 15 à 45 € | Bonne | Facile |
| Zellige artisanal | 80 à 150 € | Bonne | Modéré |
| Pierre naturelle (travertin, marbre) | 50 à 120 € | Excellente | Exigeant |
| PVC / Vinyle | 10 à 30 € | Moyenne | Très facile |
| Parquet stratifié hydrofuge | 25 à 50 € | Moyenne | Facile |
| Béton ciré | 60 à 120 € (pose incluse) | Bonne | Modéré |
Le grès cérame offre le meilleur rapport qualité-prix pour un usage intensif. Les tendances déco 2026 privilégient les matériaux bruts comme le zellige et la pierre naturelle, mais le budget double par rapport au carrelage standard.
Côté sanitaires, un receveur de douche classique en résine coûte entre 100 et 300 euros. Un receveur extra-plat pour douche à l’italienne se situe entre 200 et 600 euros. Une vasque à poser en céramique vaut 50 à 200 euros, contre 300 à 800 euros pour une vasque en pierre naturelle ou terrazzo.
Les cinq étapes du chantier
1. Concevoir le plan
Mesurez la pièce, repérez les arrivées d’eau et les évacuations existantes. Déplacer un point d’eau coûte entre 500 et 1 500 euros selon la distance. Gardez les sanitaires proches des réseaux existants pour limiter cette dépense. Un plan coté évite les erreurs de commande sur le mobilier et le carrelage.
2. Démolir l’existant
Retirez les anciens revêtements, les sanitaires hors d’usage et la plomberie vétuste. Profitez de cette phase pour inspecter l’état du support. Un mur abîmé par l’humidité nécessite un traitement avant toute nouvelle pose. Comptez 200 à 500 euros de budget supplémentaire si le support doit être repris.
3. Refaire plomberie et électricité
Ces travaux de second oeuvre précèdent les finitions. L’installation électrique doit respecter la norme NF C 15-100 qui définit les volumes de sécurité autour des points d’eau. Un tableau de 2022 du CONSUEL indique que 35 % des logements contrôlés présentent au moins une non-conformité électrique en salle de bain. Faites vérifier votre installation par un professionnel qualifié.
4. Poser l’étanchéité
L’application d’un système d’étanchéité sous carrelage (SPEC) protège la structure des infiltrations dans les zones de projection directe : douche, tour de baignoire, sol. Cette étape technique reste souvent négligée. Résultat ? Les dégâts des eaux en salle de bain représentent 23 % des sinistres habitation selon la Fédération Française de l’Assurance.
5. Installer revêtements et finitions
Posez le carrelage mural avant le carrelage au sol. Installez les sanitaires et les meubles vasques. Terminez par les joints silicone, le miroir, le porte-serviettes et l’éclairage. Pour une douche à l’italienne, la pente de 1 à 2 % vers l’évacuation et un receveur extra-plat sont indispensables. Confiez cette réalisation à un poseur expérimenté : l’étanchéité doit être irréprochable.
Sélectionner le bon professionnel
Le choix de l’artisan détermine la qualité du résultat et le respect du budget. Trois vérifications s’imposent avant de signer.
Exigez trois devis détaillés. Chaque devis doit mentionner les fournitures (marques, références), le coût de main-d’oeuvre par poste, les délais et les conditions de paiement. La réglementation impose un devis écrit pour tout chantier supérieur à 150 euros, comme le précise Service-Public.fr.
Vérifiez les certifications. Pour la plomberie, un artisan certifié Qualibat garantit un niveau de compétence validé. Si votre rénovation inclut le remplacement de la VMC ou l’isolation des murs, la certification RGE ouvre droit aux aides à la rénovation énergétique.
Contrôlez l’assurance décennale. Demandez l’attestation en cours de validité. Cette garantie couvre les dommages compromettant la solidité ou l’usage du bâtiment pendant dix ans après réception. Un artisan qui refuse de la fournir doit vous alerter.
Les avis clients sur les plateformes spécialisées et le bouche-à-oreille restent les indicateurs les plus fiables. Demandez des photos de chantiers similaires réalisés dans votre secteur pour juger du niveau de finition.
Les erreurs qui coûtent cher
- Oublier la ventilation : une VMC adaptée empêche moisissures et dégradations prématurées des revêtements
- Sous-dimensionner le budget : la marge de sécurité de 10 à 15 % absorbe les imprévus sans bloquer le chantier
- Choisir un revêtement inadapté : le sol doit être antidérapant (classement R10 minimum) et résistant à l’humidité
- Ignorer le rangement : colonnes, niches encastrées et meubles suspendus se prévoient dès la conception, pas après la pose du carrelage
- Négliger l’éclairage : un plafonnier seul ne suffit pas. Ajoutez un éclairage miroir de 300 lux minimum pour le confort quotidien
Financer sa rénovation de salle de bain
Le prêt à taux zéro finance l’acquisition d’un logement neuf ou ancien avec travaux. Si votre rénovation de salle de bain s’inscrit dans un projet plus large incluant des travaux énergétiques (VMC, isolation), les aides MaPrimeRénov’ et CEE réduisent le reste à charge. Regrouper plusieurs postes de travaux en un seul chantier donne accès à des plafonds d’aides plus élevés.
Si vous envisagez de revendre après la rénovation, une salle de bain modernisée booste la valeur du bien. C’est l’un des leviers les plus rentables d’une stratégie de home staging. Les étapes d’un achat immobilier montrent que les acquéreurs scrutent cette pièce en priorité lors des visites.
Prochaine étape : mesurez votre salle de bain, listez vos priorités (sanitaires, revêtements, rangement) et demandez trois devis. Un budget réaliste et un artisan qualifié transforment ce chantier en investissement rentable.